ONIRIC
No. 5 Interview (francais) December 1992
Il semblait intéressant, en complément à l'article consacré aux musiciens californiens paru dans le dernier n°, d'interroger l'un d'eux sur la réalité de cette "école" et sur sa véritable crédibilité. Loren Nerell n'est pas une star du genre mais sa réputation grandit de titres en titres . . . Après une prestation remarquée sur la sampler Dali: The Endless Enigma (Coriolis) et deux albums réussis )Point of Arrival et surtout, surtout le runique Book of Alchemy), celui-ci revient d'Indonésie où il est allé puiser l'esprit qui animera sa prochaine production. Il a accepté de répondre à ces quelques questions malgré un horair du temps chargé
O: Loren, tu es tombé dans le Rubycon et il a changé ta vie. Que représente-t'il pour toi?
L.N.: Quand j'ai écouté ce disque pour la première fois en 1975, j'étais plutôt jeune et n'avais pas encore assez d'expérience avec la musique électronique. Je pensais à ce moment que la musique la plus radicale que j'avais écoutée était le White album des Beatles (celui avec Revolution n°9). Alors, pour moi, le titre Rubicon était tout-à-fait approprié. Aujord'hui, je le considère toujours comme un gand morceau d musique, un de ceux que je continue à écouter assez souvent.
O: Tu es maintenant u musicien professionnel: tu as travaillé la musique électronique et ton C.V. est impressionnant. Comment expliques-tu ta musique?
L.N.: Je trouve qu'il est très difficile d'expliquer la musique à quelqu'un. C'est quelque chose dont l'idée ne peut pas vraiment être rendue par des mots. Nous avons un dicton ici qui résume celà très bien: "Ecrice -cu parler- de musique, c'est comme danser sur de l'architecture". Je pense qu'il est plus facile de jouer ma musique pour des gens. Si j'en suis dans l'incapacité, alors j'essayerai de trouver quelque chose qui se rapproche de ce que je fais afin de les amener dans la bonne direction.
O: Tu es maintenant classé comme "Pacific School Musician". Comment l'expliques-tu et, surtout, est-ce-que tu l'apprécies?
LN: Je ne pense pas que quiconque ici dans la "pacific school" l'ai rééllement apprécié jusqu'à il y a peu. Principalement parce que la plupart d'entre nous ne s'est jamais sentiecomme un élément d'un mouvement aussi cohésif que la "Berlin school" à son époque. Vous devez comprendre que beaucoup d'entre nous se sont "épanouis" hors de Los Angeles et San Francisco, nous parlons d'une zone d'environ 500 miles! Je panse qu'il y a deux raisons principales au phénomène "pacific school." La première pourrait être la fait que nombre de fabricants de synthés étaient installés ici au début des années 80. Sequencial Circuits, E-mu, Oberheim, Serge Modular avec les divisions de Roland, Yamaha et Kawai étaient tous basés en Californie. Certains de nous ont travaillé pour ces campagnies. J'ai bossé pour Oberheim, Braheny pour Serge, Steve, Robert et Burmer ont tous eu une relation de travail avec E-mu à un moment ou à un autre. Ainsi, nous avons eu un accès relativement facile aux instrument électroniques. Ils étaient également moins chers ici à cause de leur prolifération.
O: Quelle fut ta première rencontre avec Steve Roach et en général, quelles sont tes relations avec les autres musiciens de la "Pacific School?"
L.N.: Ma première rencontre avec Steve remonte à un album, Music from the 21st Century. C'était une compilation dans laquelle figurait un extrait du Tangram de T.D.. Richard Burmer y avait aussi un titre. Ma premièr rencontre en personne avec Steve se fit en 1982 à l'un de ses concerts, au Comeback Inn. Au début des années 80, le Comback Inn avait des shows de musique électronique réguliers, et un festival annuel d'un jour consacré à cette musique. Il s'est arrêté cela fait quatre ans. La plupart des gens qui y ont joué ont acquis une réputation. L'endroit soutenait une vingtaine de personnes! Je connais pas mal d'artistes dans la place. Je les ai connus en grande partie via Steve. Mes relations les plus étroites sont avec Steve, Walter Holland, Robert Rich, Richard Burmer et Thom Brennan. Thom, Steve et moi-même sommes devenus une sorte de comité d'accueil non-officiel pour artiste voyageant. A chaque fois qu'un musician souhaite venir à Los Angeles pour une visite - comme Robert Rich ou Don Slepian -- on se rassemble et on les fait visiter.
O: Ave ton prochain album, ta discographie comptera 3 cassettes en 6 ans . . . Est-ce une volonté personnelle de limiter les sorties pour privilégier la qualité?
L.N.: Je voudrais bien sortir plus d'enregistrements, mais je n'en ai apparement pas le temps - c'est très facile d'être détourné de son objectif dans la vie de tous les jours. Si je le souhaitais vraiment, je pourrais probablement sortir un album par an. Mais quand tu es ton propre éditeur, cela prend beaucoup de temps et pas mal d'efforts, et enregistrer n'est seulement qu'un début. Tout ce que je peux faire, c'est suivre mon propre calendrier et sortir l'album quand le temps est venu. Mais quelquefois, d'autres choses rentrent en jeu.
O: As-tu un message à exprimer à travers ta musique?
L.N.: Mon message est probablement celui du thème du Village Global, qui dit que nous tous -- l'humanité -- sommes "connectés" ensemble, et spécialement à travers le langage de la musque. Peut-être plus important que le développement de la "Pacific School" est le mouvement New age de la fin des années 70/début 80. Beaucoup de gens y voyaient de nouvelles manières de vivre et l'électronique était vraiment nouvelle.
O: Si on résume, Steve Roach est à la recherche des Racines de l'Humanité et des atmosphères des grands espaces, Stearns regarde vers les étoiles, Demby cherche Dieu . . .Et TOI?
L.N.: Steve et moi recherchons prbablement quelque chose de similaire. Je suis un petit peu plus intéressé par l'essence de l'esprit humain, l'état fondamental qui existe en chacun de nous. Mais les choses que tu viens de mentionner sont importantes.
O: Ton opinion concernant la scène électronique actuelle, et particulièrement celle des USA?
L.N.: C'est difficile de donner un point de vue de l'intérieur. Je pense -- en général -- que pas mal de bonnes musiques sont en train d'émerger, et pas seulement aux USA, mais àtravers le monde entier. Pour les USA, à mon avis, les choses se sont calmées. Je ne vois plus trop de nouveaux artists développer. Seul le temps dira ce qu'il en est vraiment.
O: Cament expliques-tu le succès de la "Pacific School" à travers le monde"
L.N.: Je ne peux pas vraiment l'expliquer. J'avais pensé que tu me le dirais! C'est un peu ironique parce que personne ne s'y attendait ici. Je voudrais penser qu'il; s'agit probablement d'une combinaison de ta-lent, de beaucoup de travail et de chance.
O: Pour les gens qui ne connaissent pas ta musqiue, peux-tu la définir?
LN: Je voudrais dire qu'il s'agit d'une combinaison de nouvelles technologies et de musiques ancestrales mélangées pour obtenir une nouvelle sorte de musique. Certaines personnes l'ont classifiée comme "Techno-Tribal" ou "Ethnotronic." Ces dénominations sont peut-être appropriées.
O: La question rituelle: quelle est ta position vis-à-vis du New Age? Le mouvment est important en Californie?
LN: Je pense que ce mouvement a éte une phase importante dans le développement de nombreux compositeurs ici en Californie à un certain moment. Vers la fin des 70s, début des 80s, les gens de ce mouvenment ont intégré la musique électronique à leur tour, parce qu'ils étaient vraiment ouverts à l'évolution. Mais environ cinq ans plus tard, l'industrie de la musique a décidé d'appeler "New age" tout ce qui était un peu différent des normes. Maintenant, on y retrouve de l'instrumental pop, ou du Jazz progressif. Conséquence: aujourd'hui aux USA, tout ce qui est identifié comme new age est mal considéré. Je n'ai jamais considéré que le label "New age" était approprié pour mon style de musique, ou celui de mes amis.
O: Quelles sont tes principales influences-- si l'on excepte la Dream et les cultures ethniques?
L.N.: J'écoute beaucoup d'artistes et ils m'ont tous inspiré quelque part. En ce moment, je suis en train d'écouter du Richard Pinhas, tout-à-l'heure, j'écoutais Cluster, Lou Harrisson et Jorge Reyes. J'écoute régulièrement les albums d'Harry Partch, Jon Hassel, Peter Gabriel, Steve Reich et Michael Hoenig. Bien sûr, mes amis Steve Roach, Robert Rich et Djam Karet m'ont également influencé.
O: Comment composes-tu? La part de technologie est-elle importante?
L.N.: Composer, pour moi, est une sorte de processus évolutif. Je commence souvent avec une idée. Celle-ci tend à provenir d'un élément m'ayant inspiré, comme un jour particulièrement beau, une peinture, un voyage, ou même une autre composition. Arrivé là, j'essay de me tenir le plus proche de cette idée originale. Il arrive assez souvent que le processus d'enregistrement modifie l'idée. Cela me dirige alors vers une autre direction et le processus recommence jusqu'à ce que je trouve un point d'achèvement. La technologie musicale est importante. Nous sommes arrivés à un point où l'enregistrement "at home" est de très grande qualité. Mais au même moment, certaines technologies sont si complexes qu'elles demandent parfois jusqu'à plusieurs années pour être entièrement maîtrisées!
O: Tu es un indépendant . . . Serais-tu intéressé par un contrat te liant à une major, comme beaucoup de musiciens en rêvent? Est-ce aussi ton rêve? Quelle est la position du buisness US concernant les gens de la "Pacific School" et les musiciens électroniques en général?
L.N.: Qui, je serais intéressé d'être sur un label, à condition que ce soit le bon. Les avantages du label par rapport à l'indépendance sont une meilleure distribution et une vision plus large des choses. Il pour-rait bien mieux se concentrer que moi sur l'exposition des albums. Dans la situation présente, la plus grande partie des labels US n'est guère intéresséepar quoi que ce soit connecté de près ou de loin à la musique "New Age." Pour la plupart d'entre eux, notre musique est trop femée. Les seules exceptions auxquelles je panse sont Hearts of Space et Celestial Harmonies.
O: Quels sont tes projets pour les mois, années, siècles à venir? De plus, tu reviens d'Indonésie, bel endroit? A propos du Futur de la musique, es-tu optimiste pour toutes les musiques non-ciblées MTV?
L.N.: Mon prochain projet sera mon troisième album. J'avais espéré pouvoir l'achever pour janvier prochain mais apparemment, ça ne sera pas possible, car je suis en Inde en décembre et janvier. J'espère avoir tout fini l'année prochaine après mon retour. A part peut-être aller sur la lune, je n'ai pas de plans pour le siècle à venir.
Qui, l'Indonésie est un bel endroit. J'aurais seulement souhaité y rester plus longtemps. J'y ai réalisé des enregistrements que j'espère introduire dans le prochain album.
Pour finir, je suis optimiste concernant la musique non-MTV. Je pense qu'il y a plus dans la belle musique que dans la musique destinée à être clipée. Je crois que le futur le prouvera.
C'est tour ce que l'on souhaite . . .
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