Le manager m'accueilli d'une chaleureuse poignée de main.

- You're here for Zimmerman, don't ya? , me demanda-t-il.

- Some kind, yeah. How did you know that? , demandai-je étonné.

- I knew, that's all., me dit-il d'un air convaincu. Where are you from? Europe? Let me say: France. Isn't it?

- No. Not exactly. North America. I'm as North American as you, you know? In fact, I'm even Northern than you.

- Where? Canada?

- Well, some kind yeah!

- Where exactly?
- Somewhere... où on parle français...

- Oh, you're French Canadian. Like Jack Kerouac...

- No, Kerouac was American. His parents were French Canadians. I'm from where Céline Dion comes from...

- Who?

- It doesn't matter...

- Anyway, welcome at Zimmy's and welcome in Hibbing, Minnesota, Bob Dylan's hometown, me lança-t-il comme un refrain qu'on chante aux touristes. Have you been to the house?

- What house?

- Dylan's house. Where he grew up. On East 7th Street. 2425 East 7th Street. Everybody go there, take pictures, anything. Should go to the High School too.

- I've been there this afternoon.

- He played his first gigs there when he was about 17. And there's a Dylan exhibit - pictures, records, books and things like that - at the Centennial Museum. You should go to see that tomorrow.

- I've been there too. You know, it's a strange feeling to figure that, this man, Bob Dylan... was just another kid, here...

Le fier manager du Zimmy's me regardait avec son plus beau sourire hospitalier. Il savait que j'étais curieux.

- Does he come here sometimes? , lui demandai-je timidement, me disant qu'il s'était sûrement fait poser la question des centaines de fois.

- Yeah! When he's in town...

- Is he in town? , ne puis-je m'empêcher de lui demander.

- I don't know. Nobody knows with Dylan. He lives in California now but his mother lives around here and he still has relatives in town so, yeah, he comes sometimes. Actually, there's a rumor that maybe next week end, he'll be in town. There's this big thing about the Centennial of Hibbing and it's starting next week end and there's a rumor that he'll come.

- Will he come here, at Zimmy's? , lui demandai-je perplexe.

- Yeah, probably. Yes, of course he'll come here if he's in town, me dit-il en se levant pour retourner travailler.

- Can I have something to drink?
- Yes, of course. I'll send you Jane, the waitress.

Jane, la waitress, blonde aux grands yeux bleus et de superbes mollets plongeant dans ses bottes noires, arriva.

- Hi! Wanna drink somethin'?

- Yeah! Ah! , a pint of something, I don't know... beer...

- What kind of beer?

- I don't know. Gimme what you drink...

Elle posa son plateau sur la table et porta son index de la main droite à ses lèvres pour réfléchir:

- Ah! ... let me see... what I drink... What about a pint of Colt 45?

- It's a good one?

- Yeah... It's a blonde beer...

- Blonde? Yeah, I'll have a pint of Colt 45 please.

Elle revint avec ma pinte de Colt 45.

- Is there a phone around here? , lui demandai-je en lui refilant le fric.

- Yeah, there's one near the front door.

Elle me donna mon change, je lui donnai son pourboire.

- Thank you, et elle repartit vers d'autres clients.

Direction téléphone:

- It's a collect call for Québec City.

- Canada? , me demanda-t-on au bout du fil.

- Yes, yes, Canada calvaire...

La communication s'établit enfin:

- Salut Charlie, c'est moi. Ça va?

- T'appelles d’où là? , me demanda Charlie que je venais de réveiller.

- J'suis au Minnesota, à Hibbing.

- Qu'est-ce tu fais là? , demanda-t-il surpris.

- J'ai rencontré une fille pis là, j'pense que j'vas rester que'ques temps pis j'vas avoir besoin de fric. Peux-tu passer chez mon ex demain? J'ai un chèque que j'ai pas eu le temps de déposer avant de partir. Si tu pouvais me le déposer dans mon compte pour que j'puisse retirer du fric, ça m'arrangerait ben gros...

- Ouin...

Ça n'avait pas l'air de lui tenter fort...

- Qu'est-ce que j'y dis à ton ex?

- J'sais pas, mais dis-y pas que j'suis au Minnesota...

- C'est quoi l'idée de partir sans avertir comme ça?

- Fallait que je parte, c'est toute...

- Mais tu r'viens quand?

- J'sais pas... J'ai juste besoin d'un peu d'air, lui répondis-je de façon évasive.

- J'haïs ça me mêler de vos affaires...

- J'te demande pas de te mêler de nos affaires, juste d'aller chercher un chèque et de le déposer. Tu connais mon numéro de folio?

- 13546?

- C'est ça... À la caisse de Limoilou.

- C'est un chèque de combien?

- À peu près 800 piastres... C'est mon retour d'impôt... Pis dis-y qu'elle garde mes chèques de chômage... Elle a juste à imiter ma signature...

- Pis si elle me pose des questions?

- Tu réponds pas. J'm'arrangerai avec ça plus tard... Dis-y que tu veux pas te mêler de nos histoires...

Après un long soupir au bout de la ligne:

- O.K. Mais c'est qui c'fille-là? T'as ramassé ça où?

- Bah! , elle travaille au bar de Bob Dylan...

- Quoi? Elle travaille où? , me demanda Charlie pour le moins étonné.

- Au bar de Bob Dylan... Je t'expliquerai...

- Qu'est c'est ça c't'histoire-là? Es-tu sur l'acide?

- Ben non, j'suis pas sur l'acide... Je t'expliquerai, j'peux pas te parler longtemps, les longues distances coûtent cher...

- Surtout que tu m'appelles à frais virés...

- J'te le repaierai l'téléphone... Mais oublie pas demain, OK.? J'te revaudrai ça.

- O.K...

- Comment va Jeanne?

- Je l'sais pas. J'l'ai pas revue.

- Bon, ben, embrasse-la pour moi demain...

C'est là que je suis retourné voir Jane:

- Do you know where I could have a bed for the night?

- You mean a motel room?

- Yeah, a motel room...

- Just accross the street. The Androy Hotel.

- Is it expensive? How much for a night?

- Don't know. There's another one on I-37 and I think it's cheaper...

- How far is it?

- Are you driving?

- Walking.

- By walk? Maybe 20 minutes?

- What's a 20 minutes walk? Where is it?

- Do you know where is the 169?

- Ah! ... that way? ... East?

- Yeah. Turn right and walk down to I-37 and then turn left... You'll see the motel... Days Inn or something like that... It's near the McDonald's...

- McDonald's? Oh, this big yellow "M" I've seen this morning?

- Are you kidding?
EAST 7th STREET

Lendemain matin.

J'étais assis sur le trottoir devant le 2425 East 7th Street. Une maison blanche à deux étages, un garage sur le côté. De l'herbe aussi verte que chez le voisin. Robert Zimmerman y aurait passé son enfance et son adolescence. C'est dans ce garage que Zimmerman aurait joué du rock'n'roll avec ses potes aux temps du High School.

Mais la 7e rue de Hibbing ressemble à bien des 7e rues du monde entier. Il ne s'y passe absolument rien sauf de temps en temps, quand des freaks de Dylan viennent y faire leur pèlerinage, fumer un joint ou chanter "The Times They Are A-Changin'".

Les gens de la 7e rue à Hibbing regardent les Simpson comme partout ailleurs, tondent leur gazon comme partout où il y en a, lavent leur char comme tous ceux qui en ont un, travaillent, dorment, dépensent, mangent, chient... rêvent... comme les gens qui habitent Parkway Crescent à Bowmanville, Ontario, Church Road à Leyton, England ou la rue des Lilas ouest à Québec City. Et moi, j'étais là, à me demander ce que j'y faisais, ce que je pouvais y trouver. La terre entière est le trou de quelqu'un...
JANE

- Still in Hibbing?, me lança Jane, la blonde serveuse de Zimmy's quand elle m'aperçu à la même table que la veille.

- Yeah...

- A pint of Colt 45?

- Yeah, please...

Elle revint avec la bière.

- I've been to McDonald's today, lui dis-je en cherchant du fric dans mes poches. I had this thing... how they call it? aah... Big Mac! Yeah, Big Mac! Two pieces of meat, three
pieces of bread, with ketchup, mustard, relish, pickles, lettuce, tomato... everything. It looks aah... werk... but it's not bad, ya know?

- You're crazy, man, me répliqua-t-elle en prenant son fric.

- It's true. You've never been there? I can invite you if you want?

- Yeah... maybe one day..., fit-elle avant de m'abandonner pour d'autres clients.

La place était bondée: sur les écrans télé, les sportifs de Hibbing suivaient le match de baseball qui opposait les Twins du Minnesota aux Blue Jays de Toronto.

Les Twins n'étaient pas dans le coup cette année, m'expliqua un voisin de table. Ils croupissaient dans les bas fonds du classement de la Ligue Américaine mais ce soir-là, ils tenaient tête aux Blue Jays, l'équipe à battre. Le peuple était heureux.

- You're a Blue Jays' fan?, me demanda le mec.

- Aah... I'm not into baseball, ya know?

A la fin de la huitième manche, les Twins menaient par 2-1 et les Blue Jays s'amenaient au bâton. Jane était dans le jus, les fans avaient soif.

Un ballon au champ centre: premier retrait. Un coup frappé vers le troisième but, relais au premier: deuxième retrait. L'excitation est à son comble: plus qu'un seul retrait et ce sera la fête chez Zimmy.

Une première prise. Les poings se lèvent de satisfaction. Une deuxième prise. Oh, ça s'en vient dangereusement. Oups! Une balle. C'est pas grave, se dit-on. Oups! Une deuxième balle. On reste calme... Ah... une troisième balle... On est inquiet... Mais faut rester positif... Eh oui! Une troisième prise enfin.

Ça y est, tout le monde est debout et la bière déborde de partout. Les Twins l'emportent par 2-1 sur les Blue Jays!
On remet la musique. Les sportifs finiront leur bière ou en commanderont une dernière avant de rentrer à la maison, dormir la tête en paix.

Les esprits s'étant calmés au Zimmy's, Jane était moins occupée.

- Another pint please.

C'était ma cinquième.

- A good night for you?, m'informai-je.

- Yeah... When the Twins win, people stay till the end of the game, drink more, so, it's better money for me. And when they lose, I lose money.

- People are happy tonight. They'll have a good sleep.

- You like baseball?

- Nah... And you?

- Nah...

La bière rentrait comme de l'eau et je commençais à être pas mal saoul. C'était mon deuxième soir à Hibbing et je ne savais toujours pas ce que j'y faisais. Jane, la waitress blonde aux grands yeux bleus allait bientôt finir son shift et la musique était plate: des vieux trucs de Billy Joel, Foreigner et quoi encore? Même pas foutu de nous mettre du Dylan... J'avais plus rien à faire au Zimmy's ce soir-là. Je n'y trouverais rien.

- You're going?, me demanda Jane la waitress.

- Yeah... I'll see you tomorrow...

- I don't work tomorrow.

- No? What a shame...

- I finish my work in 10 minutes, I can give you a lift if you want?

- You have a car?

- Yeah.

- Sure! Thanks!

C'est ainsi que Jane aux yeux bleus m'a pris dans sa vieille Colt - Dodge Colt - et m'a mené jusqu'à ma chambre de motel sur le highway 37 qui était pour l'instant mon seul port d'attache dans cet univers infini.

- You wanna have a blonde with me?, proposai-je stratégiquement.

- I don't know...

- You don't work tomorrow... no reason to go to bed early...

- It's about one o'clock in the morning now...

- Yeah! It's early... Come on... Just one beer...

Rêver d'un impossible rêve dans la nuit américaine d'un motel du Minnesota.

- What the hell are you doing here in Hibbing?, demanda-t-elle après sa première gorgée. You wanna see if Dylan's gonna come this week end? Isn't it?

- Well, I have nowhere to go on this earth and I have nothing better to do than go to Zimmy's, have a beer... see you...

- Yeah! ... and see if Dylan's gonna come..., ajouta-t-elle avant d'avaler une longue gorgée de bière.

- Have you met him?, lui demandai-je.

- No...

- Would you like to?

- Yeah... of course...

- I'm gonna ask aah... a special question... You don't have to answer, ya know?... I'm a bit drunk, ya know?... But, I wanna ask this stupid thing, it's just... curiosity...

- Come on, go ahead.

- Well, if Dylan would like to spend the night with you, what would you say?

- I don't know! , fit-elle, étonnée par la question...

Ma question venait de dessiner un sourire timide mais radieux d'innocence sur ses lèvres.

- I mean: do you find Dylan attractive?... It's just a question I ask, ya know?...

Elle cherchait la réponse.

- I think that Dylan is a... poet, an artist, a great artist. And I think that, yeah, great artists, such as Dylan is, have something attractive, something special.

- So Dylan is attractive for you?

- Yeah..., laissa-t-elle tombé après une vague hésitation.

- So if Dylan would like to spend the night with you, would you say... Yes Bob?
- Not Yes Bob!, but... I don't know...

Bref, oui, elle dirait oui...

La Colt 45 commençait à faire effet et cet interrogatoire improvisé semblait l'amuser.

- And if I was a such great artist where I come from, would you like to spend the night with me?

- What are you trying to say? I'm not that kind of woman who looks for a star in her bed... I'm not a groupie... You want a fuck, isn't it?

Elle devenait soudainement agitée...

- Who are you? A musician?

- Hey, we're just drinking beer and having fun talking 'bout Bob Dylan, that's all... You want another beer?

Elle me regardait d'un drôle d'air.

- Are you working at Zimmy's for a long time?

- Nah... two months...

- You live here?

- My parents still do.

- And you?

- I work here just for the summer. I'm studying in Minneapolis.

- University?

- Yeah...

- And what are you studying?

- Law...

- I see...

- You think it's boring, don't you?

- I don't know! I don't know too much about the law, you know? And you, do you think it's boring?

- Sometimes... yeah...

- And what will you do after you'll finished university?

- I don't know... maybe travelling for one year or two...

- Where would you like to travel?

- Europe!

- Why Europe?

- 'Cause I've never been there...

- Have you been in Africa?

- No.

- Australia? Japan?

- No...

- So why Europe?

- I don't know... 'Cause I wanna see Paris, Rome, Berlin... London... Have you been in Europe yourself?

- Yeah... Once...

- So? How is it?

- Well, there's good people and there's bad people. Like anywhere else... And they have McDonald's as well...

- This big yellow M?

- Yeah! ... I have to tell you the truth: I knew McDonald's before I came here...

- Really?

- Yeah... really...

- And where have you been in Europe? , continua-t-elle.

- I spent a few months in London.

- What were you doing in London?

- Nothing special. Just having good times with some good friends...

- But how were you living? Were you working?

- Sometimes, yeah, in a restaurant...

- And where do you live now?

- Well, until last Friday, I was living in my hometown, Québec City, with a good friend of mine...

- What do you mean: I was living? ... You won't go back?

- I had some ghosts running after me... I needed a break...

- I see... And what's her name? , demanda-t-elle tout de go.

L'atmosphère était à nouveau détendu.

- It doesn't matter... you won't be able to pronounce her name anyway...

- Come on...

- Rita Toulouse, répondis-je finalement.

- What?

- Rita Toulouse!

- Rita Toulouse? , tenta-t-elle de prononcer.

- Yes, Rita Toulouse!

- What does it mean? , demanda-t-elle.

- Rita Toulouse? Nothing. It's just a name.

- Really?

- Really!

- And what happened?

- Oh, it’a sad story. I walked into the room with my pencil in my hand and I saw somebody naked. I said: Who’s that man! I tried so hard but I didn’t understand what I would say when I get home, cause something was happening, it’s just I didn’t know what it was.

- So, a woman broke your heart down there in your so loved hometown... You want another beer?

Nous étions tous les deux assis en indien sur le lit et l'alcool nous mettait à l'aise. Il n'y avait plus aucune notion de temps ni d'espace.

- And how do you live? , continua-t-elle. Do you work?
- Not now... but I worked in different places, doing different things.

- So you're not such a great artist?

L'envie de mentir me brûla la langue un moment: a beau mentir qui vient de loin et Québec City, c'est loin de Hibbing, Minnesota...

- No, I'm not, laissai-je finalement tomber.

- What kind of work have you done?

- Everything. I worked in a fast-food restaurant, making hot dogs. I worked in a movie theatre - I was projectionist - X rated movies... I wrote for a newspaper about music... about Dylan once. Maybe I should write a book about him. A lot of people did...

- Yeah.

Elle cherchait quelque chose dans sa sacoche depuis quelques minutes, mais je ne savais pas quoi.

- You wanna roll a joint? , demanda-t-elle soudainement.

- You have something?

- Yeah, I have some hasch...

- Let me see... yeah, we have enough to make two or three joints... Great... I missed it...

- What are you doing tomorrow?

- Well, I don't know. I don't think Dylan's gonna come to Zimmy's tomorrow... and you don't work... I really don't know what I'm gonna do tomorrow...

- I can take you for a ride around Hibbing.

- Great... You have rizzler?

- What?

- Cigarette paper?

- Oh! , yeah, here...

Il allait être bon ce petit joint...

- In London, they'd say: Skin up! ...

- What?

- Roll a joint... They just say: Skin up!
- Oh! ...

- Or: You have a fag? ... Cigarette? ... You have a cigarette? ... Tobacco? ... For the joint...

- Oh! , yes. Here...

- (en chantonnant) Won't you come to see me, Queen Jane... Maybe Dylan wrote this song for you? ...

Je m'appliquais à terminer ce joint, à lui foutre un filtre de carton à la bonne place...

- It's ready... Beautiful little joint...

J'admirais mon oeuvre...

- And now, Baby, light my fire...

Elle mouilla le joint dans sa bouche. Scratch, une allumette. Une bonne puff...

- What do you think? Perfect?

Elle acquiesça de la tête et me passa le joint. Tout en tirant une bonne puff, je poursuivis la conversation:

- So.............. Where will you drive me tomorrow?

- Ah! ... Have you seen the mines?

- The mines? What mines?

- We have the largest open pit mine in the world here?

- And what's so great about these mines?

- Nothing... It's just the largest open pit mine in the world...

- Oh! , really? The funniest thing about the United States of America is that, anywhere you go, there's always the biggest this, the largest that... "The highest point East of the Mississippi River"... "The Eastern point of the United States of America"... And here, it's "The largest open pit mine in the world"... Isn't it amazing? And did you know that, in Québec City, we have the narrowest house in North America?

Jane ne répondait plus de mes divagations. Elle était allongée sur le lit et savourait le buzz qui prenait effet.

- You want me to roll a second one? Just to be sure we're stoned?

Elle se contenta d'acquiescer de la tête.

- After that, you won't be able to drive your car Queen Jane...
- I'm fucked up, commenta-t-elle.

- Yeah... I'll sleep on the floor, you can keep the bed...

Je terminais le deuxième joint avec empressement quand elle me proposa:

- You can sleep beside me, in the bed... if you want... I mean, just sleep beside me...

- O.K., it's up for me...

Scratch... Deuxième joint.