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Le 8 aoLtt, noes ettons de nouveau avec le CCB et avons requ 1'ordre de rejoindre la division blind& I logan et le 119e regiment de la 30e division d'infanterie12, en vue de stopper tine contre-attaque entre 1'Abbaye-Blanche et Mortain. Notre objectif etait lt: RJ 272. Nous sommes partis du Neufbourg au debut de 1'apres-midi ; nous avons quitte la grand-route Ila D977 qui relie Mortain a Sourdevall en tournant ~i gauche, ct monte Line petite route bordee de hatits talus Jrcnlte Ctroite (lui relie Le Neufbourg a Saint-Barthelemy en passant a 1'ouest et 10 La 4e division d'infanterie americaine est citee dans La 30e division americaine et le major Towers ii Mortain, en 1944, dans Revue de I'Avranchin..., t. 75, 1998, p. 190.
11 La Ire division d'infanterie americaine... (cf. n. 7), p. 190. 12 Cf. n. 7, p. 189 ; Les souvenirs du ~ergcnt Hodges lors de la bataille de Mortain, dans Revue de I'Avranchin..., 1998, p. 187.
americaine est citee dans La 30e division au large de la D 977 et de la D 5. Nous sommes passes a travers le 12e regiment d'infanterie de la 4e division. A trois cents metres de notre objectif [plut6t cinq cents metres], nous nous sommes heurtes a une forte resistance ; nos deux tanks de tete ont ete atteints par le feu ennemi et ont brule. La division blindee Hogan a alors detourne le reste de notre colonne dans un champ a gauche de la route, en vue d'attaquer ensuite en suivant un tank equipe d'une lame tranchante ou d'une fourche, pieces soudees sur favant du char, destinees a defoncer les hauts talus, afin que les autres tanks et vehicules puissent passer par ces breches.
Le lieutenant Patterson dit a John Manual, notre conducteur, de suivre le char equipe d'une lame, charge de percer la haie. Nous avons essaye a deux reprises, car chaque tank de tete etait sous le feu des canons antichars. Le lieutenant Cooper, de la ire compagnie, arreta son char pres de nous et, en attendant qu'un autre trou soit perce, plaisanta : Ne serait-ce pas bien de se payer une sacree blessure et de foutre le camp d'ici !. Son char nous depassa et fut touche a son tour alors qu'il essayait de traverser la haie. J,ai senti la chaleur qui se degageait de 1'obus suivant, qui etait passe tout pres de ma tete. Alors que nous faisions marche arriere, j'ai vu deux soldats sortir du tank et en tirer le lieutenant Cooper, puis le secourin 11 ne semblait pas serieusement blesse ; je lui fis signe de la main.
Les autres chars s'etaient disposes a la peripherie du champ. Les canons de 88 allemands, qui nous attendaient, se dechainerent : artillerie et mitrailleuses pilonnerent nos chars et notre infanterie. Le char a c6te du notre s'embrasa ; un tankiste avait des difficultes a en sortir, un autre grimpa sur le char pour faider mais fut touche par une balle, puis le premier fut decapite par un obus. A ce moment la, nous avons evacue le half-track. Je me tenais entre deux fantassins lorsqu'un obus a atterri derriere nous, les blessant serieusement tous les deux, au point que j'ai cru qu'ils etaient morts ! Le reste de la 30e division battit en retraite. Presque tous nos chars avaient ete touches et les hommes qui avaient pu s'en sortir se rabattirent vers la haie la plus proche. Notre chauffeur fut tOL1chO au bras par un eclat d'obus et je 1'aidai a se mettre a 1'abri. Tous les hommes de notre section se retrouverent, a 1'exception du lieutenant Patterson, qui etait agenouille, penche sur les deux fantassins, pres de notre 1ialf-track. Je lui fis signe de revenir mais il me fit signe a son tour de le rejoindre. 11 await deja administre les premiers soins aux blesses et etait en train de lour faire une piqure de morphine. Nous aeons porte et attache 1'un d'eux sur le garde-bone gauche du half-track puis jai maintenu 1'autre sur le garde-boue droit, pendant que le lieutenant conduisait le vehicule pour le mettre en securite.

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